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Histoires de légionnaires n° 3

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| 10 Décembre 2018 | 481 vues

(3/9) 2ème partie

Cette brève est la troisième d’une série de 9 paru dans le journal (le Soleil Marseille) en juin 1937

 

Histoires de légionnaires, la suite

(3/9)

 

2ème Partie

 

Nous voilà dans la cuisine de la Maison de la Vède : le cuisinier en chef, KARSDORF, un solide gaillard, taillé en hercule, un sourire aux lèvres… On ne lui demande pas sa nationalité, il est légionnaire, un point c’est tout. KARSDORF connaît son métier : malgré la chaleur, il est heureux près des fourneaux ! Ici à la Vède, c’est tranquille, mais il se souvient qu’un jour, en opération dans l’Atlas marocain, il a manqué d’y rester : alors que ses camarades légionnaires fortifiaient le sommet d’une montagne, un site stratégique qui devait servir à la protection d’une route en construction, lui, KARSDORF, avec son équipe, préparaient la soupe pour le repas du soir, entre deux pierres, à l’abri du vent. La soupe prête, le travail s’arrêta ; les légionnaires fatigués de la journée sous le soleil, arrivèrent avec leurs gamelles. C’est KARSDORF qui les servait. Un grand silence pendant le repas : la fatigue est là… L’un d’entre eux demande à KARSDORF du sel. Il se lève pour aller donner la boîte de sel. A ce moment précis, des balles sifflèrent de tous cotés : « A vos postes ! Couchez vous ! »

L’alerte passée, KARSDORF revient à sa marmite… plus une goutte de soupe dans sa grosse gamelle : une dizaine de balles l’avaient trouée… s’il n’y avait pas eu l’histoire du sel, il ne serait plus là !

KARSDORF, avec la chaleur, a la chemise ouverte, et laisse apercevoir une blessure à l’aisselle droite… la cicatrice d’une brûlure : c’était le 14 juillet 1936, la guerre du RIF battait son plein. TAZA était menacé, devenu, en la circonstance le VERDUN marocain. L’ordre était donné de résister, de tenir jusqu’au bout, de se faire tuer sur place, mais jamais reculer ! La compagnie de KARSDORF occupait un blockhaus. Mais au début de la nuit, les rifains déclenchèrent l’attaque : les balles sifflaient de tous cotés, et même le canon !

Un jeune officier, levant son épée, crie : « Mes enfants, souvenez-vous ! TAZA ! On ne passe pas ! » Un combat acharné, jusqu’à l’arme blanche ! Le plus dur de l’action, un dissident me lança une grenade qui m’atteignit à l’aisselle droite. Cette grenade ? Une boîte de conserve remplie de poudre, de clous, de goudron, de résine… Ce qui provoque des brûlures atroces, souvent mortelles !

A ce combat où KARSDORF fut terriblement brûlé, il y eut bien des morts et d’autres blessés, mais tous, dans un élan magnifique, nous avons crié : « TAZA, on ne passe pas ! » Et les rifains furent rejetés dans leurs lignes. Sa cicatrice ? Un glorieux souvenir !

à la semaine prochaine pour la suite...



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