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Histoires de légionnaires (4/9)

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| 20 Décembre 2018 | 817 vues

3è Partie

Cette brève est la quatrième d’une série de neuf paru dans le journal (le Soleil Marseille) en juin 1937

3è Partie

La Légion Étrangère engage toujours quelques Français : voilà justement l’un d’entre eux… PORTAGNIER… Une douzaine de batailles au Maroc… Bien des décorations, dont la Médaille Militaire. Cadre à la Légion, il est fier de dire : « J’étais avec cette poignée d’hommes, qui, sous les ordres d’un chef prestigieux, LYAUTEY, a conservé le Maroc à la France »

Et il parle de ses chefs : il a gardé d’eux un sentiment d’admiration et d’amitié, en particulier pour le capitaine LEROY, sévère mais juste. Il aimait ses légionnaires jusqu’à se faire punir pour les défendre. Un chic type ce LEROY !

Il se rappelle que lors de la construction d’un poste, il fallait faire des briques ; mais comme le ravitaillement en nourriture n’arrivait pas, le Capitaine a donné l’ordre d’arrêter les travaux pour économiser l’eau et les forces de chacun.

Quand le chef de corps arrive, il est furieux que le travail ne soit pas achevé ; il s’en prend au Capitaine qui n’a pas peur de lui répondre : « Mon Colonel, mes hommes ne mangent pas des briques ; comme il n’y a plus rien à manger, ils s’arrêtent d’en faire ! »  Quand le chef de corps eut connaissance de la situation, il pardonna au Capitaine ses paroles un peu trop vives à l’égard de la hiérarchie ; tous comprirent que le Capitaine LEROY ne faisait que défendre ses hommes !

« C’était un père pour nous » continue l’ancien légionnaire. Il nous connaissait à fond, savait nos besoins. Un exemple : après un mois dans le désert, sachant que ses hommes avaient besoin d’un peu de liberté, de repos et de plaisir, il leur donna cinq jours de permission pour sortir, s’amuser, boire, aller au cabaret dansant… Mais attention : aucun scandale en ville ! Et tous les officiers du régiment étaient prévenus : on devait laisser tranquilles les hommes du capitaine LEROY !

Malgré la dureté de la vie au Maroc, en 1914, PORTAGNIER regrette ce temps là : il serait prêt à repartir, car la Légion en active, au Maroc, c’était quelque chose… Y retourner, ce serait une sacrée récompense !

à suivre...



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