Rien…ou presque n’a changé à la Maison du Légionnaire

 

 

Quelque part… sous les pins !                                  (Extrait KB 1960)

 

 

Une vingtaine de kilomètres à parcourir au départ de Marseille, quelques virages encastrés dans les gorges d’Aubagne, un petit chemin qui escalade une riante colline… C’est Auriol ! Un nom qui ne dit rien à personne, un nom à consonnance méridionale et… pourtant !

Ce n’est pas une blague ! Une pancarte « vert et rouge » deux couleurs que nous sommes bien placés pour connaitre tout particulièrement, nous indiquent une direction dont nous aurons l’occasion de nous rappeler par la suite.

Quelques centaines de mètres encore et, bousculant la pinède, un bâtiment aux allures de « Mas » semble vouloir nous dire « On vous attendait »…

Le plus fort, c’est que c’était vrai ! Non, parce que nous étions arrivés le jour dit, (ce n’était pas le cas) mais parce que l’accueil que nous devions recevoir allait le confirmer.

S’il est quelque chose de touchant dans la vie, dans notre pauvre vie de chaque jour, c’est bien d’y côtoyer ceux qui nous y ont précédés et qui vivent leurs dernières années, enveloppés dans leurs souvenirs et leurs rêves… Dans leur quiétude d’anciens et… de vieux !

Ils nous ont tellement donné ; ne serait-ce que leur exemple et… le reste !

Auriol est bien leur maison. Là, avec eux, nous avons passé quelques heures, trop peu de temps hélas pour avoir pu tout apprécier.

Ceux qui peuvent encore faire quelque chose sont au travail, celui-ci au jardin, un autre repeint une façade, un autre encore taille consciencieusement des arbres qui ne se décident pas encore à mourir !

Bien sûr ; il y aura encore d’autres printemps, la nature reste toujours en compte avec la vie et… elle gagne !

Auriol est une maison de retraite, nos vieux camarades, ceux qui vous disent « vous n’avez pas connu un tel ? » ceux qui (se rappellent) y vivent tranquillement dans le calme et le soleil.

Ceux qui les dirigent (je devrais dire les guident) les appellent presque tous par leurs prénoms, ils connaissent leurs défauts, apprécient leurs qualités et excusent… leurs faiblesses !

Il y a « l’Empereur »… il déraille un peu mais il tellement gentil ! Il parle… il parle… il y a le « garde-cochons ». Une bien bonne tête de vieux paysan (de France ou d’ailleurs). Il y a… les autres, tous les autres, certains qui étaient encore parmi nous, il y a… quelques années. Mais il y a encore et surtout, cette sollicitude de ceux qui sont chargés (ou plutôt qui ont pris la charge) de les amener tout doucement, tout tranquillement vers leur destin… le nôtre plus tard.

Après avoir visité cette demeure, après avoir pris conscience de leurs conditions de vie tout en les regardant VIVRE… Nous avons fait la dernière promenade au fond du village, dans un coin d’Auriol.

Il y a là deux carrés, deux dalles abondamment fleuries, soigneusement entretenues…

A CEUX QUI REPOSENT ……. APRES AVOIR LONGTEMPS SERVI LA FRANCE

 

| Ref : 1114 | Date : 12-03-2018 | 1634